About

Tantôt savante, exploratrice ou alchimiste, la plasticienne Jeanne Bischoff navigue avec manœuvre et sagacité parmi les ouvrages et archives anciennes (La Mode Illustrée, Maria-Sybilla Merian, Conrad Lycosthenes, etc.). 

De ces différents fonds, patrimoniaux ou personnels, l’artiste expérimente le support pour en extraire la trace intangible, souvenir du passé, histoires illustrées, littéraires, graphiques ou historiques.

 

Formant les sillons d’une recherche intime au sein de l’image, Jeanne Bischoff scrute l’empreinte avec minutie, prélève le détail et retient la forme. Dans l’humilité de ce terreau visuel confidentiel, l’artiste pétrit avec instinct, façonne et sublime l’image jusqu’à épuisement par le geste et l’ordinateur. Purs et anonymes, ces motifs résiduels parachèvent ainsi la première armature de ses créations.

De cette lente consomption de l’archive (re)surgit une œuvre résiliente, protéiforme et ondoyante. Dans l’élégance d’un mouvement aérien, les formes vibrent de concert avec la couleur et distillent l’énergie d’un motif sans cesse renouvelé, composant une odyssée visuelle et sensorielle exaltante.

Tel un art de la mémoire, Jeanne Bischoff dévoile un ailleurs poétique, entre nostalgie et archive collective. Excluant le décoratif pour n’en conserver que la confidence d’une image, l’artiste confère à l’expérience de la forme et du motif, la délicate résurgence d’un intime souvenir.

Elodie Gallina

Commissaire d'exposition

Chargée des relations internationales

Centre Européen d’Actions Artistiques Contemporaines – CEAAC
Strasbourg – FR

Octobre 2020

 

 

« Le tout est plus que la somme des parties. » Les dessins de Jeanne Bischoff tiennent de l’adage aristotélicien. Des formes s’y multiplient à l’infini, comme des cellules s’entremêlant pour donner corps à un ensemble plus vaste qu’elles-mêmes sans jamais les laisser disparaître. Ça déborde, ça roule, ça s’échappe du cadre de la feuille. Psychédéliques ou surréalistes, les motifs de l’artiste tendent parfois à l’abstraction, trouvent leurs volumes dans le jeu des couleurs et entretiennent toujours un rapport exigu avec la rêverie.

 

Si les formes initiales sont extraites du périodique La Mode Illustrée, elles disparaissent sous le jeu des transformations informatiques. Pourtant, dans leur révélation finale qui emprisonne le regard à force de saturation, les dessins de Jeanne Bischoff pourraient être du tissu, rappelant le foisonnement des broderies, comme une résurgence inconsciente de la matière première qui les compose. 

Florence Andoka

Rencontres de l'Illustration, Strasbourg 2017

© JEANNE BISCHOFF  I  ADAGP I  TOUS DROITS RÉSERVÉS  I  2020